Rejoignez les 13 autres abonnés
" Nous n'avions pour eux aucune haine. Ils faisaient métier de loups comme nous faisions métier d'hommes. Ils étaient créatures de Dieu. Comme nous. Ils étaient nés prédateurs. Comme l'homme. Mais ils étaient restés prédateurs, alors que l'homme était devenu destructeur. " Paul-Emile Victor
En dépit du froid glacial qui,à tes débuts,t'a traversé,et bien avant ce qui survint,tu n'était qu'un feu inventé par le feu,détroussé par le temps ,et qui,au mieux,périrait faute de feu renouvelé,sinon de la fièvre des cendres inhalées.
Qui se hisse sur la pointe des pieds ne tient pas debout
Qui met les enjambées doubles n'arrive pas à marcher
Qui se pousse aux yeux de tous est sans lumière
Qui se donne toujours raison est sans gloire
Qui se vante de ses talents est sans mérite
Qui se targue de ses succès n'est pas fait pour durer
Pourquoi ce chemin plutôt que cet autre? Où mène t-il pour nous solliciter si fort? Quels arbres et quels amis sont vivants derrière l'horizon de ces pierres, dans le lointain miracle de la chaleur? Nous sommes venus jusqu'ici car là où nous étions ce n'était plus possible. On nous tourmentait et on allait nous asservir. Le monde, de nos jours, est hostile aux transparents. Une fois de plus, il a fallu partir...Et ce chemin qui ressemblait à un long squelette, nous a conduits à un pays qui n'avait que son souffle pour escalader l'avenir. Comment montrer sans les trahir, les choses simples dessinées entre le crépuscule et le ciel? Par la vertu de la vie obstinée, dans la boucle du temps artiste, entre la mort et la beauté.
Feuillet du carnet d'Hypnos (enfoui en Juillet 1944 puis détruit en 1945)
Gardons-nous d'oublier, que l'âme humaine, quelque indépendante dans sa création, que notre philosophie la représente, est inséparable de pas sa naissance et sa croissance de l'univers dans lequel elle est née.
Pierre Teilhard de Chardin était un géologue, jésuite, théologien et philosophe français (01 mai 1881 à Orcines-10 avril 1955 à New-York)
Le chef est celui qui prend tout en charge. Il dit : "J'ai été battu". Il ne dit pas : "Mes soldats ont été battus".
La guerre, ce n'est pas l'acceptation du risque. Ce n'est pas l'acceptation du combat. C'est à certaines heures, pour le combattant, l'acceptation pure et simple de la mort.
La démagogie s'introduit quand, faute de commune mesure, le principe d'égalité s'abâtardit en principe d'identité.»
Connaître, ce n'est point démontrer, ni expliquer. C'est accéder à la vision.
L’intelligence ne vaut qu’au service de l’amour.
D'autres fatalités encore devaient surgir. Etait-il possible que Napoléon gagnât cette bataille? nous répondons non. Pourquoi ? A cause de Wellington? A cause de Blütcher ? Non. A cause de Dieu. Bonaparte vainqueur à Waterloo, ceci n'était plus dans la loi du dix-neuvième siècle. Une autre série de faits se préparait, où Napoléon n'avait plus de place. La mauvaise volonté des événements s'était annoncée de longue date. Il était temps que cet homme vaste tombât. Probablement les principes et les éléments, d'où dépendent les gravitations régulières dans l'ordre moral comme dans l'ordre matériel, se plaignaient. Le sang qui fume, le trop-plein des cimetières, les mères en larmes, ce sont des plaidoyers redoutables. Il y a, quand la terre souffre d'une surcharge, de mystérieux gémissements de l'ombre, que l'abîme entend. Napoléon avait été dénoncé dans l'infini, et sa chute était décidée. Il gênait Dieu. Waterloo n'est point une bataille; c'est le changement de front de l'univers.
Le malheur nous est utile, sans lui les facultés aimantes de notre âme resteraient inactives : il la rend un instrument tout harmonie, dont, au moindre souffle, il sort des murmures inexprimables. Que celui que le chagrin mine s'enfonce dans la forêt ; qu'il erre sous leur voûte mobile ; qu'il gravisse la colline, d'où l'on découvre, d'un coté de riches campagnes, de l'autre, le soleil levant sur des mers étincelantes, dont le vert changeant se glace de cramoisi et de feu ; sa douleur ne tiendra point contre un pareil spectacle : non qu'il oublie ceux qu'il aima, car alors ses maux seraient préférables, mais leur souvenir se fondra avec le calme des bois et des cieux : il gardera sa douceur et ne perdra que son amertume. Heureux ceux qui aiment la nature : ils la trouveront, et trouveront seulement elle, au jour de l'adversité.
Je pense que sans la liberté ,il n'y a rien dans le monde; elle donne du prix à la vie; dussé-je resté le dernier à la défendre, je ne cesserai de proclamer ses droits. Attaquer Napoléon au nom de choses passées, l'assaillir avec des idées mortes, c'est lui préparer de nouveaux triomphes. On ne peut le combattre qu'avec quelque chose de plus grand que lui, la liberté.Il s'est rendu coupable envers elle et par conséquent envers le genre humain.
Etoile éclatante, puissais-je comme toi être figé non pas dans une solitaire splendeur suspendue au dessus de la nuit,
et guettant, éternellement séparé par des couvercles,
Tel un malade de la nature, un ermite sans sommeil,
Les eaux mouvantes toutes entières à leur prêche
pour purifier par leur pure ablution les rives humaines tout autour de la terre,
ou fixant le masque nouvellement et doucement tombé de la neige
sur les montagnes et les landes;
Non - pas encore totalement figé, encore immuable,
pelotonné sur la poitrine mûre de mon bel amour,
pour ressentir à jamais son suave parfum et son automne,
à jamais éveillé en une douce agitation,
immobile, immobile pour entendre son souffle arraché à la tendresse
et ainsi vivre pour toujours - ou sinon me pâmer dans la mort.